Cela fait beaucoup (trop) de temps que je n’ai pas publié sur ce blog.
Il faut dire que depuis que je suis au Canada, ma plume s’est un peu égarée. J’ai écrit un peu, mais rien comparé à ce que je pouvais faire en France.
Pour fêter mon retour, voici un petit texte écrit lors d’un atelier d’écriture avec Stanley Péan, un auteur de nouvelles d »orgine haïtienne. Pour ceux qui me connaissent un peu, la nouvelle est mon genre de prédilection. J’aime la concision et les contraintes de la nouvelle.
Lors de cet atelier, le but était d’écrire une nouvelle de moins de 250 mots à partir d’une image. Cette image était tirée du recueil de Stanley, « Cartes Postales d’outre-monde » en collaboration avec Jean-Michel Girard.
Voici donc le résultat de l’atelier
Le Réveillon
Par la nuit la plus longue de l’année, elle attend. Dans la maison, un air de jazz joue doucement, du Miles Davis évidemment. Comme à chaque fois, elle attend sa venue. Il ne vient qu’à cette époque de l’année. Et il est en retard. C’est la première fois.
De rage, elle tend la main vers le verre de rhum arrangé et en boit une gorgée. Au lieu de l’habituel arôme de soleil, elle rencontre un goût âpre, comme la déception qui la tenaille. C’est pourtant la même bouteille que d’habitude. Jamais il ne voudra boire une telle piquette.
L’alcool lui monte aux joues, mais la rage demeure. Elle jette un regard vers le miroir tout proche; elle s’aperçoit avec horreur qu’elle ne porte pas le bon ruban. Catastrophe ! Elle sait que tout est une question de rituel, rien ne doit être laissé au hasard.
Tout aussi soudainement, une odeur de brûlé lui chatouille les narines: elle a oublié les biscuits dans le four ! Tout est fichu, c’est désormais une certitude. Elle n’aura pas son moment d’amour et les enfants n’auront pas leurs cadeaux.
À cause d’elle, le Père Noël ne s’est pas réveillé. Cette année, Noël n’aura pas lieu.

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