Le soleil tombe sur la ville. Mon bureau se teinte de rosé et d’or. J’aime ce moment de la journée où tout se pare de lumière. Je suis encore là, même si les clients ne précipitent pas pour s’arracher mes services. Mon activité n’est pas tenue en très haute estime; normal, les gens pensent que je cherche à les escroquer. Et pourtant, je pourrais tellement leur apporter s’ils acceptaient de m’écouter. Mais que peut-elle donc bien faire de si étrange me direz-vous ? C’est très simple, je suis médium. Ma spécialité est la communication avec les défunts. Voilà, c’est ça, c’est exactement le regard que tout le monde me lance quand je le dis. Vous ne faites pas exception à la règle. Quel dommage, je pensais que ce serait différent avec vous. Les arts occultes ne sont pas en odeur de sainteté à Mirabélis. Notre société est devenue bien trop matérialiste et pragmatique pour accepter mes dons.
J’étais pourtant pleine d’espoir en ouvrant mon cabinet. Ils se sont peu à peu éteints, comme mes économies. Je me donne encore quatre mois avant de raccrocher. Si les affaires ne décollent pas, j’irais travailler comme comptable ou autre joyeuseté du genre. Les comptables sont très bien vus à Mirabélis.
Pour exercer comme médium, j’ai dû demander une licence au ministère de la réalité économique. Vous pouvez imaginez combien cela a été difficile d’expliquer mon activité à des fonctionnaires cherchant la rentabilité à tout prix. Je ne sais d’ailleurs toujours pas comment j’ai réussi à la convaincre. Enfin, en partie seulement, puisque je suis assujettie à une inspection mensuelle pour conserver mon titre professionnel. On ne plaisante pas avec la réalité économique à Mirabélis. Heureusement, j’ai quelques clients. Pas énormément, mais suffisamment pour dire que mon activité est utile à la société. Il faut croire que retrouver des animaux en fuite est primordial à la paix d’esprit des habitants de la ville. Je ne vais pas cracher dans la soupe, cela paie certaines factures.
On frappe alors à ma porte, c’est sûrement le facteur. Il passe toujours à cette heure là. Il me tend une lettre du ministère et me salue.
– Bonne soirée Mademoiselle et n’oubliez pas d’aller mettre vos cinq étoiles pour la qualité de mon service.
– Bonne soirée Joël. Je n’y manquerai pas. Il faut dire que si je ne le fais pas, le pauvre ne sera pas payé. Les employés des postes sont rémunérés à l’étoile de satisfaction client.
Je décachète la lettre et en lis le contenu avec fébrilité. Il s’agit de mon inspection mensuelle. Ma licence est révoquée: un de mes client s’est plaint que je n’ai pas sû empêcher la mort de son chat. Je lui avais précisé de faire attention à 13h alors que l’accident a eu lieu à 14h. On ne plaisante pas avec la ponctualité à Mirabélis.
On frappe de nouveau à ma porte. Je me demande si les employés du ministère sont déjà là pour me forcer à quitter mon cabinet quand bien même la lettre que j’ai reçcue mentionne un délais d’une semaine. Peut-être ont-ils envide de faire du zèle. J’ouvre la porte le cœur battant.
– Suis-je bien au cabinet de Mademoiselle Sidonie ?
Je me retrouve face à un homme bien habillé et au sourire hésitant.
– C’est bien moi. Comment puis-je vous aider ?
– J’ai besoin de vos services, pouvez-vous me laisser entrer ?
Je m’écarte et mon visiteur entre précipitament. Il semble boulversé tout en essayant de garder une certaine contenance. Je l’observe un moment: il doit avoir une trentaine d’années, comme moi. Blond aux yeux verts, il est plutôt beau garçon et me dépasse de deux bonnes têtes.
– Je vous en supplie, aidez-moi ! Je dois entrer en contact avec un défunt. Vous êtes la seule à proposer ce genre de service en ville.
La seule… pas la meilleure me dis-je, un peu triste. Ai-je encore le droit de prendre un client après la lettre que je viens de recevoir ? Je me dis que oui, on me demande de cesser mon activité dans une semaine. D’ici là, je peux encore l’exercer.
– Je serai ravie de vous aider, nous pouvons en parler demain si vous le souhaitez.
– Pas demain, tout de suite ! Je ne peux pas me permettre d’attendre.
Voilà autre chose, c’est bien la première fois qu’on me presse de la sorte. Cela m’intrigue.
– Installez-vous, je vous prie.
Il s’assoie sur un canapé confortable proche de la fenêtre. Il semble toujours aussi nerveux.
– Avant de commencer, j’ai de besoin d’en savoir un peu plus sur la personne que vous voulez contacter, monsieur… ?
– Monsieur Olivier, pardon. Je voudrais parler avec Léonard Cyprès, mon mentor. Il était… chimiste.
– Chimiste, vous en êtes sûr ? J’ai bien noté l’hésitation dans sa voix lorsqu’il a annoncé le métier de son mentor. Il baisse les yeux un instant. Gagné ! Il ment. Je ne suis pas ici pour juger qui que ce soit, reprends-je. Tout ce qui se dit dans ce cabinet est confidentiel.
– Léonard… n’était effectivement pas chimiste. Il baisse la voix. Mais… alchimiste.
Alchimiste ? Je pensais qu’ils avaient disparus. Tout comme les médiums, les alchimistes ne sont pas les bonnes grâces de l’administration.
– Merci de me faire confiance. Depuis combien de temps nous a-t-il quitté ?
– Environ six mois, je viens juste de trouver un mot de sa main mentionnant votre nom disant que je dois vous contacter de toute urgence. J’ai également une photo de lui, si ça peut vous aider.
La photo représente Olivier avec un homme d’un certain âge. Il a les cheveux grisonnant et un sourire malicieux; ce qui lui donne l’air intemporel. On peut lire la fierté dans les yeux du jeune homme. Il devait lui vouer beaucoup d’admiration.
– Merci, cela va effectivement beaucoup m’aider. Nous allons commencer, tenez-vous prêt.
J’éteins alors la lumière pour allumer plusieurs chandelles ainsi que de l’encens. J’ai besoin de ce rituel pour me concentrer. Olivier se tait immédiatement et me regarde avec intensité. Ce qui me laisse le temps de voir à quel point il est bel homme. Mais ce n’est pas le moment de s’occuper de ça. Je fixe la photo et me concentre sur Léonard. Petit à petit, le monde disparaît autour de moi, les sons deviennent de plus en plus distants. Je me retrouve dans un immense hall de gare de style art déco. Il ne me reste plus qu’à trouver ce que je suis venue chercher. Normalement, cela ne devrait pas prendre beaucoup de temps. A chaque fois que je fais le voyage, la personne que je cherche est trop heureuse de pouvoir communiquer avec moi. Mais cette fois, cela ne semble pas être le cas. Je ne trouve pas l’alchimiste. Il doit pourtant être là. Ah ! Le voilà ! Il est dans un coin sombre proche de la sortie. Il sourit néanmoins quand il me voit arriver vers lui.
– Mademoiselle Sidonie, quel plaisir de vous rencontrer. Olivier s’est enfin décidé à venir vous voir.
C’est rare que l’on me reconnaisse, je lui souris donc en retour.
– Monsieur, c’est également un plaisir. Puisque vous semblez me connaître, pas besoin que j’explique ma présence ici. Comment désirez-vous procéder ?
Mes clients ont deux options pour communiquer avec les vivants; soit ils écrivent un mot que je vais fidèlement retranscrire, soit ils peuvent parler directement à travers moi en prenant possession de mon corps. J’avoue que je préfère la première solution, L’autre me laisse épuisée pendant des heures. Il me tend un bout de papier, je suis soulagée.
Dans mon cabinet, Oliver doit me voir prendre un papier et un crayon. Tout ça avec un regard vide qui doit probablement lui faire peur; comme à tous mes clients. Je fais de même dans la gare et me met à recopier les mots de Léonard. Il s’agit d’une recette, mais j’ignore laquelle et cela ne m’interesse pas. Au fil des années, je me suis entraînée à ne pas me souvenir de ce que le recopie pendant mes séances, pour des raisons de confidentialité.
Alors que je m’apprête à lui rendre sa feuille, un homme masqué se jette sur moi et m’arrache le papier. Je n’ai pas le temps de réagir qu’il est déjà parti.
– C’est une catastrophe ! Mademoiselle, je vous en supplie, aidez Olivier. Il doit retrouver la recette. Je suis certain que c’est un coup de Gabriel Marchand. Il ne doit pas mettre la main dessus.
Je n’ai pas le temps de répondre, la gare disparaît. Mon temps ici est terminé. A mon retour, Olivier me regarde avec excitation. Il tient le papier dans la main.
– Vous êtes de retour ! C’est merveilleux, mon maître vous a donné la recette de l’elixir de longue vie ! Cela faisait des années que nous travaillions dessus.
– Vous devez empêcher Gabriel Marchand d’en prendre connaissance. Il a volé la recette quand j’étais là-bas. C’est ce que croit Léonard en tout cas.
– Gabriel Marchand ?! Le directeur de cabinet du ministre de la planification triénale ? C’est lui qui nous finance depuis des années.
Je n’ai jamais entendu parler de ce Gabriel. Par contre, je sais que le ministère de la planification est le plus important du gouvernement. Et comme vous l’avez certainement compris, je ne porte pas ce gouvernement dans mon cœur.
– Il veut probablement s’en emparer pour prendre le pouvoir ! Vous vous rendez compte du pouvoir de cet élixir ?
Mon client regarde la feuille entre ses mains, son excitation retombe pour faire place à de la garvité.
– Nous n’aurions jamais dû nous lancer dans une telle invention ! C’est beaucoup trop dangereux. Nous devons empêcher qui que ce soit de s’en emparer. Heureusement, les ingrédient ne sont pas faciles à réunir. Nous devons aller au laboratoire pour les détruire. Certains d’entre eux y sont déjà. Quant au plus important… Il se tait en me jettant un coup d’œil avant de fourrer la feuille dans sa poche. Sidonie, j’ai besoin de votre aide. Voulez-vous m’aider ?
– Oui, souffle-je. Qu’ai-je d’autre à faire que de me morfondre de la perte de mon cabinet ?
Nous filons en trombe vers le laboratoires des deux alchimistes. Je ne peux m’empêcher de regarder aux alentours pour voir si quelqu’un nous suit. Même si je doute fort de pouvoir m’en rendre compte si c’est le cas. Les agents du gouvernement ne doivent pas être faciles à repérer. Olivier entre le premier et se dirige immédiatement vers un énorme coffre.
– Je vous présente la larme de l’infini. Il me montre un flacon rempli d’eau. Il s’agit de l’eau trouvée dans une météorite tombée sur terre il y a des années. Elle a été détruite alors que des scientifiques l’étudiaient. A ma connaissance, c’est le seul échantillon qu’il reste. Même si rien ne dit qu’il n’y a pas une autre météorite du même genre quelque parts sur la terre.
D’un geste décidé, il jette la fiole sur le sol et l’écrase sans aucun remord. J’admire son geste, comprenant à quel point cela doit être difficile pour lui de mettra ainsi un terme à ses recherches. Je pose ma main sur son bras en guise de réconfort.
– Vous avez du courage de faire ça. Je suis certaine que Léonard serait fier de vous.
La porte s’ouvre alors avec fracas, des hommes en armes entrent.
– Vous êtes en état d’arrestation pour complot contre l’état. Je vous conseille de nous suivre.
Avant de lever les bras, Oliver englouti la feuille de papier sur laquelle est écrite la recette de l’élixir. Je fais de même.
– Nous n’avons rien fait ! Nous sommes innocents.
– C’est ce que décidera le Ministère.
On nous enferme tous les deux dans la même cellule dans le sous-sol du Ministère de la planification. Nous avions raison de croire qu’il était impliqué. Je tremble de partout, je n’ai pas pensé une seconde aux implications de mes actes. Mon compagnon est plus calme et plus déterminé.
– Je suis désolé de vous avoir entraîner dans cette histoire. Nous devons sortir d’ici au plus vite.
Il essaie de forcer les barreaux, bien évidememnt en vain. Je me creuse la tête pour avoir une idée. J’ai honte de dire que j’ai un moment pensé à tout avouer. C’est le regard volontaire d’Olivier qui me remet sur le droit chemin. Peut-être mes dons pourraient-ils nous être utiles ? Soudainement, une voix s’impose dans mon esprit: Léonard. C’est la première fois que cela m’arrive. Les défunts ne peuvent pas s’imposer à moi. L’alchimiste doit aussi avoir un don pour arriver à me contacter de la sorte.
– Sidonie, j’ai parlé avec des gens d’ici qui connaissent la prison. Il y a une clé cachée dans l’un des matelas. Vous pouvez vous en servir pour vous échapper. Vous devez arrêter Marchand, il veut le pouvoir.
La voix disparaît aussi vite qu’elle est arrivée. Heureusement, les gardes ne sont pas là pour le moment. Je me jette sur les matelas à la recherche de la fameuse clé. L’entaille est à peine perceptible, mais je parviens à en sortir notre sésame.
– Vite dépéchons-nous tant qu’ils nous croient abattus.
Nous sortons sans bruit de la cellule. Il va maintenant falloir sortir tout court.
– Comment saviez-vous pour la clé ?
– Je vous expliquerai plus tard. Sortons.
Ça semble bien trop facile pour être vrai. Où sont les gardes ? Nous l’ignorons et nous ne le saurons jamais si nous restons là. Nous suivons un long corridoir qui nous mène vers un escalier en pierre. Nous n’avons pas d’autre choix que de le prendre. J’écoute à la porte pour savoir si quelqu’un nous attend de l’autre côté. Je n’entends rien. Je fais signe à Olivier d’y aller.
-J’ai falli attendre, vous en avez mis du temps.
Nous nous figeons tandis que nous nous retrouvons face à un homme aux yeux perçants et au sourire mauvais. Instinctivement, je me rapproche de mon compagnon. L’homme me fait peur.
– Je manque à tous mes devoirs d’hôte. Je me présente: Gabriel Marchand. Vous êtes ici dans l’aile pénitencière du Ministère de la planification triénale. Olivier et Sidonie, je présume ?
C’est donc lui le chef de cabinet du Ministre. Quelque chose de malsain émane de lui, tout mon corps me crie de partir d’ici au plus vite. Notre interlocuteur doit savoir l’effet qu’il fait aux gens puisqu’il me regarde avec un sourire carnassier.
– Vous ne voudriez pas déjà partir, mademoiselle. Nous avons tant de choses à discuter. Sur un claquement de doigt, des hommes en armes entret dans la pièce et nous bloquent toutes les sorties possibles. Veuillez vous asseoir je vous prie.
Nous nous avançons les vers sièges qu’il nous désigne de la main.
– Je ne suis pas du genre à me perdre dans les amabilités, j’irai donc droit au but: comment puis-je confectionner l’élixir de longue vie ? Je ne comprends pas la moitié de la recette de votre maître.
– C’était donc bien vous, dis-je. Je croyais pourtant que le gouvernement ne voyait pas les médiums d’un très bon œil !
– Le gouvernement s’est perdu dans la réalité économique. Nos dirigeants sont trop aveuglés par l’argent pour comprendre que le vrai pouvoir n’est pas là. Je ne ferai pas la même erreur qu’eux. Je veux l’éternité.
À mon côté, Olivier garde la tête haute; comme s’il n’avait pas peur. Je l’envie, parce que personnellement, je suis morte de trouille. Gabriel n’a pas l’air du genre de personne qui prend un non comme une réponse valable. Son regard me transperce, il semble chercher quelque chose en moi. Mais je ne sais pas quoi. Ce n’est qu’un accident si je me retrouve ici.
-Olivier, je vois que vous n’avez pas envie d’être collaboratif. Le serez-vous un peu plus si je m’occupe personnellement de votre amie ici présente ?
Je frissonne, l’amie en question, c’est moi. Sur un geste de la tête, deux gardes viennent me récupérer sur mon siège et me colle un couteau sous la gorge.
– Je vais être plus clair, si vous ne m’aidez pas. Je la tue. Aussi simple que cela.
– Elle n’a rien à voir avec ça. Laissez-la tranquille !
– Vous croyez que je plaisante ? Il s’approche du garde qui met le couteau contre mon cou, le lui prend et me donne un coup sur le bras. Mon sang se met à jaillir. Dois-je planter plus haut pour que vous me preniez au sérieux ?
La douleur irradie de ma brûlure, j’ai la tête qui tourne.
– J’ai oublié de vous dire une chose: la lame est empoisonnée. Si vous ne confectionnez pas l’élixir, elle mourra dans une heure.
– Vous êtes un monstre, siffle Olivier. Vous ne me laissez pas le choix. Je vais vous aider. Il me faut de l’eau provenant d’une météorite, sinon nous ne pourrons rien faire. J’ai détruit la seule fiole que je connaissais.
– Nous vous inquiétez pas pour ça, nous avions déjà visité le laboratoire de votre maître avant votre petit acte de sabotage. La fiole que vous pensiez avoir détruite est en ma possession.
Il avait pensé à tout, le fourbe ! Heureusement pour moi, en un sens, j’ai encore une chance de m’en tirer vivante. Olivier se met au travail rapidement, il pèse, chauffe et distille plusieurs ingrédients que je ne reconnais pas. J’ai toujours été nulle en chimie, alors ce n’est pas avec l’alchimie que cela va changer. Mon bras me lance douloureusement, j’ai chaud et froid en même temps. On m’a donné un pansement pour arrêter le saignement, mais cela ne change pas grand chose. C’est juste moins salissant. Mon ami me lance des regards anxieux et plein de culpabilité. J’essaie de lui sourire pour l’apaiser. J’y arrive plus ou moins bien. Olivier grimace avant de se replonger dans son expérience.
– J’ai terminé, dit-il au bout de 45 minutes. Tenez !
– Vous me prenez pour un idiot ? Pas question que je boive ceci avant que vous ne l’ayez essayé sur elle ! Sidonie, très chère, venez donc par ici.
Je m’approche et m’apprête à boire quand Olivier m’arrête.
– Elle n’a pas besoin de boire, il suffit d’appliquer l’elixir sur sa plaie. Vous verrez alors son vrai pouvoir.
Il verse alors quelques gouttes sur mon bras après avoir retiré le pansement. Et miracle ! La plaie se referme d’elle-même, la brûlure disparait. Je suis guérie !
– Est-ce que cela vous suffit comme démonstration ?
Il n’a pas le temps d’en dire plus que Marchand se jette sur lui pour lui voler l’élixir. Il l’englouti d’un coup et se met à rire.
– Je suis immortel ! A moi le pouvoir ! Vous avez été assez naïf pour croire que je vous laisserai repartir vivant. Gardes ! Tuez-les.
Et alors que les hommes s’approchent dangereusement de nous, leur chef s’écroule d’un coup. Son visage se met à vieillir rapidement ainsi que tout le reste de son corps. Ses cheveux deviennent blancs avant de tomber complètement. Gabriel continue de se ratatiner comme un parchemin. Il meurt dans un dernier râle. Pris de panique, les gardes s’enfuient en hurlant.
– Mais comment est-ce possible ? Je ne suis pas morte !
– L’élixir qu’a bu Marchand ne contenait pas tous les ingrédients. Il manquait le plus important, le sang d’une vraie médium. Quand j’ai appliqué la potion sur votre plaie, les ingrédient se sont mélangés. C’est ce qui vous a sauvée.
Je me jette dans ses bras en pleurant, il a été d’un tel courage ! Il avait pensé à tout.
– Je crois que Léonard serait fier de vous.
– Je le crois aussi, maintenant, nous devons faire disparaître l’élixir à tout jamais.
– Suis-je immortelle ?
– Non, vous ne l’avez pas bu. L’action n’a été que superficielle. Pourquoi ? Vous auriez voulu le devenir ?
– Pour rien au monde ! Arriverez-vous à oublier la formule ?
– J’ai fait ce que j’ai pu pour l’oublier. Avec le temps, cela devrait fonctionner.
Quelques mois plus tard, Oliver et moi nous retrouvons à mon cabinet. Cette aventure nous a fait naître une profonde amitié entre nous. Après avoir faire disparaître l’élixir, nous avons fait part au gouvernement des projets de coup d’état de Marchand. Il semblerait qu’il avait toute une panoplie de plans pour parvenir au pouvoir.
En guise de remerciement, on m’a laissé continuer de travailler comme médium. Quant à Olivier, il est devenu alchimiste en chef du nouveau Ministère de l’ésotérisme positif. Parce que comme tout le monde le sait, Mirabélis aime le surmaturel.


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