Louis la conduit vers une limousine, la presse entière est là pour les attendre. Ils doivent donc se plier à la traditionnelle séance de photos. Ils le font de bonne grâce, Solène joue avec l’objectif comme on le lui a appris. Et Louis se réjouit de voir que sa Précieuse sait comment captiver son monde ; il se sent d’autant plus important. Il a fait le bon choix : sa popularité va exploser grâce à elle et ses affaires seront d’autant plus florissantes.
Les photographes sont déjà fous de Solène. Elle les regarde comme si elle leur faisait l’amour et ils adorent ça ; leur public adore ça. Les ventes de magazines vont exploser avec une telle tête d’affiche, ils en sont convaincus.
— Ça suffit maintenant, si vous le permettez, ma Précieuse et moi avons de la route à faire. Et plein d’autres choses à faire, si vous voyez ce que je veux dire.
Il s’est approché d’elle pour la prendre par les épaules. Elle sent qu’il appuie ses doigts sur elle en un geste de possession. Tout chez cet homme ne parle que de ça. « Tant mieux », se dit-elle, « il sera d’autant plus facile à contenter. Il me suffira d’être obéissante avec une pointe de résistance pour le rendre fou de moi. »
— Au revoir tout le monde, merci pour tout. Si je vis mon rêve, c’est aussi grâce à vous, lance-t-elle avant de s’engouffrer dans la voiture qui vient de se garer devant eux.
Elle était particulièrement attentive dans les cours de communication avec la presse. Elle comprend instinctivement que si elle l’a dans la poche, ce sera plus difficile pour son Protecteur de la renvoyer à la fin du contrat. Elle doit lui prouver que sa notoriété peut lui être utile. Les Protecteurs sont des hommes publics et tout homme public a besoin d’un bon plan de communication, Solène sait comment en tirer parti.
Louis lui a ouvert la porte avec galanterie. Elle entre dans la voiture non sans planter son regard dans le sien. Il reste un instant à la contempler. Elle connaît l’effet que fait la couleur si rare de ses yeux sur les hommes. Ils ont l’impression de se noyer dans de l’or liquide. Elle lui adresse également un sourire plein de promesses. Elle en profite même pour effleurer sa joue du bout de l’ongle, consciente de son pouvoir de séduction et maîtresse de l’effet qu’elle sait provoquer. Le sourire affamé du Protecteur lui prouve qu’elle est sur la bonne voie. Il la laisse pour entrer à son tour dans le véhicule qui démarre rapidement.
Louis pose sa main sur la cuisse de la jeune femme sans autre forme de préambule. Elle est chaude et possessive. Solène est incapable de dire si elle se sent en sécurité ou si elle a l’impression d’être un nouveau jouet préféré. Elle pose doucement sa main sur la sienne en signe d’assentiment. Ce n’est pas le moment de jouer la rebelle, pas encore.
— Solène, donc. C’est un joli nom, il te va très bien. C’est un prénom unique comme toi. Et j’aime tout ce qui est unique, souffle-t-il contre son oreille. Je sens que l’on va bien s’entendre tous les deux. Les photographes doivent encore avoir ton image en tête et ne sont pas près de l’oublier. C’est à l’Académie que tu as appris à faire l’amour à l’objectif ?
— J’ai tout appris à l’Académie, je suis la major de ma promotion. Ce n’est pas pour rien. Mais notre professeur de photographie a toujours dit que je le faisais naturellement et que c’est pour ça que cela fonctionnait aussi bien. Elle répond d’une voix basse et douce tout en passant son doigt sur sa lèvre inférieure. Moi aussi, je crois que nous allons bien nous entendre. Je ne savais pas que le directeur avait un fils en âge d’avoir une Précieuse.
— Ce n’est pas parce qu’il est directeur de l’Académie que je suis un bon Protecteur. J’ai gagné ma place de premier choix en travaillant fort. Je ne dois ma richesse à personne d’autre qu’à moi. Je ne cache néanmoins pas que son carnet d’adresse m’a beaucoup aidé.
Il s’empare de son doigt pour l’embrasser avec feu.
— C’est tout à ton honneur. Il faut savoir faire fructifier les avantages dont on dispose. Dans quel domaine travailles-tu ?
— La sécurité informatique, j’ai également créé ma propre cryptomonnaie qui est sur le point de devenir l’une des plus utilisées.
— C’est toi qui as créé la SilverCoin ?
— Oh, tu connais ? Je suis surpris. Les connaissances des pensionnaires de l’Académie sont bien plus étendues que je ne le pensais.
— Je te l’ai dit, je suis major de la promotion. Ce n’est pas pour rien…
Il la jauge d’un regard qui oscille entre admiration et désir. Elle ne baisse pas les yeux devant son inspection. Elle ne lui fera pas croire qu’elle est une biche apeurée devant un chasseur. Si elle le fait, ce sera dans le cadre de jeux très… particuliers. Il doit comprendre qu’elle est une femme qui sait ce qu’elle veut et qui fera tout pour arriver à son but. Mais c’est tout de même elle qui baisse les yeux la première. Il sourit, satisfait.
— Tant mieux, je ne veux pas d’une poupée sans cervelle. Il hésite un instant. Je veux une femme intelligente et compétente, dans tous les domaines d’expertise de l’Académie.
Il bouge imperceptiblement sa main sur sa cuisse pour venir caresser la peau tendre que laisse entrevoir la fente de la robe mauve. Elle le laisse faire, une légère rougeur apparaissant sur ses joues. Un frisson lui remonte l’échine, pas seulement de désir. Elle ne sait pas comment elle le sait mais cet homme est aussi dangereux que séduisant. Et elle ne doit jamais oublier qu’il a son sort entre ses mains. Lui seul peut décider ce qu’il se passera à la fin du contrat.
Il se tourne alors vers la fenêtre, visiblement satisfait de ce premier échange. Elle fait de même. Les rues de la ville défilent devant ses yeux. Elle les regarde sans les voir vraiment. Elle pense à Noélie. Son amie lui manque déjà, sa douceur et les moments partagés sont des souvenirs qui resteront gravés dans sa mémoire.
La main de Louis continue son exploration avec une lenteur calculée, la ramenant à la réalité. Elle n’a aucun doute qu’il voudra du sexe ce soir. Cela ne lui fait pas peur, les cours de sexualité faisaient partie du cursus de l’Académie. Un mélange de cours théoriques et pratiques. Cela fait longtemps qu’elle a appris à séparer sexe et sentiment. Sauf… Non, ce n’est pas le moment d’y penser. Louis veut du sexe, il aura ce qu’il demande et même plus que ce à quoi il s’attend.
La voiture s’arrête devant une haute tour dans le quartier le plus riche de la ville, mais elle s’y attendait.
— Nous sommes arrivés, c’est ici que tu habiteras pendant les deux prochaines années.
Il sort le premier pour lui ouvrir la porte. Elle prend tout son temps pour lui faire admirer ses longues jambes avant de quitter totalement le véhicule. Elle le suit dans un claquement de talons hauts et un déhanchement sensuel. Un regard d’appréciation lui prouve une nouvelle fois qu’elle a bien cerné son Protecteur.
— Bonjour Monsieur Dorieux, l’accueille le gardien. Mademoiselle Solène, je vous ai vue à la télévision. C’est un honneur de vous rencontrer.
Elle sourit et lui tend la main.
— C’est également un plaisir. Vous n’aurez rien à me reprocher, je vous le promets. J’ai seulement la fâcheuse tendance à oublier mes clés. Même à l’Académie, ma meilleure amie devait toujours venir m’ouvrir la porte de notre chambre.
Le gardien se met à rire, visiblement conquis.
— Ne vous inquiétez pas pour ça. Je serai toujours là pour vous aider.
— Solène, allons-y maintenant.
« Oh, monsieur est un possessif », ne peut-elle pas s’empêcher de penser. Elle a parlé avec le gardien naturellement, sans penser que cela pourrait agacer son compagnon. Elle fait un dernier sourire au gardien et suit Louis vers l’ascenseur.
— Jaloux ? lui demande-t-elle.
— Non, impatient, répond-il avec un sourire qui se veut taquin.
« Certainement jaloux et possessif … », elle retient un sourire. Elle pourra en jouer, mais elle se dit aussi qu’il ne faudra pas en abuser. Cela pourrait devenir dangereux. La porte de l’ascenseur se referme sur eux. Il en profite pour se rapprocher d’elle. Grâce à ses talons hauts, ses yeux sont à la hauteur des siens. Il attrape son poignet et la serre contre lui.
— Nous montons au dernier étage. Nous avons un peu de temps pour ça.
Il l’embrasse. Un baiser… timide ? Pour commencer, puis plus possessif. Elle met ses bras autour de son cou et lui rend le baiser. Ce n’est pas un baiser forcé, elle en a envie. Elle apprend à découvrir la fermeté et la chaleur de ses lèvres. Il est exigeant, sa langue part à la recherche de la sienne. Elle s’abandonne avec plaisir. Elle sent son désir se communiquer à elle. Elle doit admettre qu’il lui plaît. Elle ne s’y attendait pas. Elle pensait qu’elle devrait se forcer, comme lors des exercices pratiques, pour ressentir quelque chose. Mais non, elle ressent réellement une attirance pour lui. Ils continuent de s’embrasser jusqu’à ce que la porte de l’ascenseur s’ouvre de nouveau.
— Tu as un goût de miel. Ça tombe bien, j’adore ça.
Elle rit de ce compliment inattendu. Les choses vont peut-être être plus simples que ce qu’elle pensait, après tout. Il ouvre la porte de l’appartement avec facilité. « Wow ! » ne peut-elle pas s’empêcher de dire quand elle entre dans la pièce. Tout est immense et décoré avec goût. Le décorateur a choisi un style simple et chaleureux avec un énorme canapé et des coussins moelleux qui donnent envie de s’y jeter.
— Viens, je te fais visiter.
Louis s’empare de sa main et la conduit dans les différentes pièces de l’appartement.
— Cela a dû te coûter une fortune !
C’est seulement maintenant que Solène comprend vraiment dans quel monde elle va vivre pendant deux ans. Son origine sociale ne lui donnait aucun point de comparaison.
— Rien n’est assez beau pour toi. Je savais que je te voulais dès que j’ai eu le dossier de l’Académie. Et comme j’étais le premier choix, j’ai pu aménager cet espace selon tes goûts.
Il l’emmène alors dans la cuisine, elle est digne des plus grands professionnels.
— Ta fiche indiquait que tu avais une passion pour la pâtisserie. Donc voilà, tu pourras faire tous les gâteaux que tu veux quand tu ne seras pas avec moi.
Elle se tourne vers lui avec un sourire presque enfantin.
— C’est beaucoup trop, merci ! Merci mille fois.
— Ma Précieuse sera la plus gâtée de l’histoire !
Il joue un instant avec les boutons de sa manchette et prend soudain un ton plus professionnel en se redressant.
— Maintenant, je vais te dire comment les choses vont se passer entre nous. Je viendrai te voir ici tous les deux jours. Je m’attends à ce que tu sois toujours habillée sexy quand tu me recevras. C’est toi qui prépareras le repas et tu nous serviras les meilleurs vins. Et bien sûr, nous ferons l’amour. Tu devras aussi m’accompagner lors de toutes les soirées auxquelles je jugerai nécessaire que tu sois présente. Tu auras un budget pour tes vêtements et tout le reste.
Elle l’écoute avec attention, le moment de complicité qu’ils viennent de partager s’est envolé. « Tu es le nouveau jouet préféré, ne l’oublie jamais », se dit-elle. Elle a laissé tomber l’armure un moment devant la cuisine, mais elle ne doit pas oublier ce qu’elle est. Un jouet, une poupée.
— Des préférences sexuelles particulières ?
— Tu les apprendras en temps utile. Nous nous rendrons dans des soirées… privées. Je te tiendrai au courant lorsque ce sera le cas. Peut-être retrouveras-tu alors des condisciples de l’Académie.
Ce qu’il dit ne la choque pas. C’est même une chose assez courante. L’Académie encourage d’ailleurs les filles à avoir des rapports plus intimes entre elles pour des cas comme celui-ci. Elles pourraient avoir à partager leur Protecteur avec un autre couple et devraient donc pouvoir avoir des relations intimes avec des femmes. Et si elle retrouvait Noélie dans l’une de ses soirées ? Est-ce qu’elle serait capable de jouer le jeu ? Il faudra, elle n’a pas le choix.
— C’est noté, tu n’auras rien à me reprocher. Je serai la plus parfaite des Précieuses.
— Je n’en doute pas. Et maintenant, si nous reprenions ce que nous avons commencé dans l’ascenseur. J’ai envie de toi.
Il s’approche d’elle pour faire descendre les bretelles de sa robe. Elle tombe lentement le long de son corps. Elle porte une lingerie en dentelle transparente qui laisse peu de place à l’imagination.
— Sublime, ne peut-il s’empêcher de souffler.
Elle s’empresse de déboutonner sa chemise. Il a un torse musclé et bronzé, elle commence par l’embrasser dans le cou. Il l’en empêche et s’empare de sa bouche.
— C’est moi qui décide !
— Comme tu voudras, je suis à toi…
Il grogne d’approbation et lui prend la main pour la poser sur son sexe.
— Vois comme je bande pour toi, je veux que tu me prennes en bouche.
Docile, elle se met à genoux et s’exécute. Elle connaît ce jeu, elle y excelle. Et pourtant, ce soir, elle se laisse prendre dans les filets du désir. Elle se laisse surprendre par l’excitation qu’elle ressent face à lui. Il grogne de plaisir.
Elle ne le quitte pas des yeux. Ceux de Louis sont brillants de plaisir. Sa respiration commence à changer, elle devient plus rapide, plus lourde. Il s’adosse contre le plan de travail et gémit.
— Putain, c’est bon.
Il pose ses mains sur sa tête et la guide dans son mouvement. Elle se laisse faire, docile. Elle aime ce qui est en train de se passer, son intimité pulse de désir. Il est sur le point de perdre le contrôle.
— Pas comme ça, je veux te prendre.
Il la fait remonter contre lui et l’embrasse de nouveau férocement. Ses mains partent à la rencontre de ses seins. Un courant de plaisir la traverse, elle laisse échapper un cri de plaisir.
— Laisse-moi te goûter avant, et j’espère que tu as bon goût.
Il la soulève et la pose sur le plan de travail. Il écarte ses jambes et se penche pour la goûter.. Elle se met à gémir, vraiment. Elle ne devrait pas, elle ne s’y attendait pas. Elle se cambre vers lui pour profiter de la caresse au maximum. Il la porte ainsi au bord de l’orgasme avant de remonter vers ses seins. Elle laisse échapper un cri de frustration.
— J’ai dit que tu jouiras sous ma queue et je compte bien le faire.
Il lèche encore ses tétons quelques instants pour l’entendre de nouveau crier.
— Voilà, comme ça … Maintenant le grand final.
Il fouille dans la poche de sa veste et en sort un préservatif. Elle sent la froideur du plan de travail sur ses seins et ses mains sur ses hanches. Elle désire ardemment le sentir en elle, tout de suite. Il s’en rend compte et la pénètre d’un coup. Il ne lui laisse pas le temps de reprendre sa respiration avant de la bourriner sans retenue.
Le plaisir prend possession d’elle, beaucoup plus intense qu’elle ne le pensait. Son corps répond parfaitement au sien. Ils sont compatibles sexuellement et elle n’en espérait pas tant. La pièce résonne des sons de leur passion.
— Je vais jouir, hurle-elle.
— Oui, tu vas jouir, maintenant.
Il pousse une dernière fois et l’orgasme la prend. Elle s’accroche au plan de travail. Il accélère une nouvelle fois ses mouvements pour se vider en elle avec force.
Il l’embrasse dans le cou et la retourne doucement vers lui.
— Merci, murmure-t-il en l’embrassant.
Ce merci la surprend tellement qu’elle se blottit contre lui avec tendresse. Elle profite de sa chaleur et baisse la garde pendant un instant. Assaillie de pensées contradictoires, elle espère même que quelque chose de bon puisse sortir de tout ça.
— Merci à toi.


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