L’IA peut-elle aider au travail éditorial ?

Depuis le lancement de ChatGPT, le monde culturel est en ébullition: l’IA va-t-elle prendre la place des artistes ? Allons-nous nous faire piller nos oeuvres ? Est-ce la fin de la civilisation (J’exagère à peine) ? Toutes ces questions sont légitimes, après tout ne nous a-t-on pas appris que l’IA marquerait le fin de l’humanité ? Il suffit de lire toute la science-fiction qui traite du sujet. L’IA n’apporte jamais rien de bon, au contraire elle finit toujours par vouloir nous détruire.

Il existe deux clans: les pro et les anti IA. Chacun a ses raisons, les premiers y voit un outils formidable tandis que les seconds n’y voit qu’un pilleur de cerveau. A mon avis, tout dépend de la manière dont on l’utilise.

Si on demande à l’IA de faire le travail à notre place, alors oui nous courrons à notre perte et à la fin de la création. Alors que si on utilise l’IA pour réfléchir et se poser des questions, elle devient une aide précieuse. Je la vois un peu comme un éditeur personnel. Tout le monde n’a pas la chance de voir ses textes remarqués par une maison d’édition et de bénéficier du travail éditorial que cela offre. Je pense que l’IA peut nous aider dans ce travail. Elle sera en mesure de voir les forces et les faiblesses de notre texte et de nous les pointer.
Il est souvent difficile de prendre du recul par rapport à nos écrits, l’IA nous permet cette mise à distance. Alors bien sûr, vous me direz qu’elle ne peut pas avoir l’empathie d’un humain et vous avez raison. C’est pour ça que l’IA n’est qu’un outil parmi tant d’autres. Elle est parfaite pour la correction d’un premier jet, pour débroussailler un texte. Le vrai peaufinage doit être fait par un humain ( un bêta-lecteur, un re-lecteur, un correcteur, …etc).

Il y a quelques semaines, l’auteur Alexandre Jardin a annoncé sur ses réseaux sociaux qu’il participait au lancement d’une IA en direction des auteurs. Son but a été de recréer sa première éditrice et que tout le monde puisse en profiter. Il a également mis en avant le fait que cet outil permettrait aux auteurs de discuter avec eux-même. Cette annonce lui a valu autant de louanges que de volées de bois vert. Comme toujours, le sujet divise. Vous l’aurez compris, je suis plutôt d’accord avec lui. L’IA peut devenir une alliée si elle est bien utilisée.

Pour la semaine 4 de mon projet Bradbury, j’ai passé mon texte dans ChatGPT, non pas pour qu’il écrive à ma place; mais bien dans une optique de relecture éditoriale. Je dois avouer que se faire dire par une intelligence objective que votre texte est bon fait plaisir à lire. L’IA se fiche de vous faire plaisir ou non, elle n’ aucun lien affectif avec vous. Cela m’a encouragé pour continuer mon texte. Il a aussi mis en lumière les faiblesses de mon style; faiblesse que je connais. La seule chose que je lui ai demandé d’inventer est le nom d’un des personnages (je suis nulle pour ça). Est-ce que cela est si mal que ça ? Il existe déjà des générateurs de noms. Il m’a même proposé quelques modifications à des tournures de phrases que j’ai eu le choix d’accepter ou non. Comme le ferait n’importe quel éditeur.
L’IA a de multiples avantages pour les auteurs auto-édités. Les dérives ne viennent pas de l’IA, mais de la personne qui l’utilise mal. Je comprends la frustration des artistes qui disent s’être faits voler par l’IA. Probablement que cela aurait pu être fait d’une autre façon, sur une base volontaire peut-être. Je ne sais pas. Mais on en revient au même point: c’est la manière d’utiliser l’outil qui est mauvaise. Globalement, c’est toujours le même débat qui entoure la technologie. Est-ce que je serais aussi positive à l’égard de l’IA si mes écrits avaient été pillés ? Je ne pense pas. Mais je reste persuadée qu’il peut avoir une manière éthique de mettre au point les IA. Pour cela, il faudrait qu’artistes et développeurs travaillent ensemble.

Pour résumer, je pense que bien utilisée l’IA permet d’avoir un regard extérieur sur un texte et nous pousse à aller plus loin dans notre écriture. Elle peut aider au travail éditorial pour sortir de la phase du premier jet. Pour la suite, rien ne remplacera la sensibilité humaine. L’IA est un outil précieux pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir être bénéficier du travail d’un éditeur.
Alors est-ce que je vais me servir de ChatGPT pour écrire mes textes ? Non, définitivement. Je veux être l’autrice de mes textes. Est-ce que je vais m’en servir pour interroger mon texte et l’améliorer ? Oui, totalement.


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