Dans les bureaux du Ministère de la Réalité Economique les employés travaillent avec acharnement. Les équipes se relaient selon les indications de leur BioChron, ces montres physiologiques qui régissent la vie des Mirabéliens. Les bureaux ne sont donc jamais vides; la course à la productivité ne doit jamais s’arrêter. Tous le savent, on le leur répète à chaque instant. Ils sont les garants de la réussite de la Nation. Travailler au Ministère est l’apogée d’une carrière réussie. Seuls les plus productifs peuvent y prétendre.
C’est le cas de Jonas. Il est l’un des meilleurs employés qu’a jamais connu le MRE. Il a été repéré quand il a eu vingt ans par le biais de sa BioChron. Son rythme biologique lui permet de travailler sur de longues périodes de temps sans avoir besoin de prendre de pause. Il a également besoin de peu d’heures de sommeil, environ quatre heures par nuits, pour être pleinement productif. Il est encore célibataire et n’a pas envie de former une famille pour le moment. Il utilise néanmoins consciencieusement sa carte du Ministère De la Sexualité Maitrisée pour ses besoins sexuels primitifs. On pourrait donc dire de lui qu’il est l’archétype parfait que recherche Mirabélis. Et il en est très fier. On ne peut trouver meilleur employé que lui. Ses collègues l’envient autant qu’ils se moquent de lui. « Tu as vu Jonas ? Il ne sait même pas que nous sommes vendredi ! Il voulait qu’on fasse une réunion demain matin à huit heures. Il est incroyable. » Inutile de dire qu’il remporte régulièrement les prix de productivité et qu’il n’est jamais malade. Pour le récompenser, le Ministère de la Planification Urbaine lui a attribué un appartement avec une terrasse dans le plus beau quartier de la ville. C’est un avantage que peu d’habitants ont; il en est conscient et travaille encore plus dur pour le garder. Même s’il ne profite jamais de sa terrasse.
— Jonas, j’ai besoin de vous maintenant. Venez donc dans mon bureau. Le ton est sans réplique et indique qu’on ne lui laisse pas le choix. Il laisse donc son dossier et suit son supérieur.
— Que puis-je faire pour vous, monsieur ?
—J’ai une mission pour vous. Nous devons mettre en place une antenne du Ministère en province. Il est temps que les villages revoient leur plan de productivité. Nous avons pensé à vous pour diriger ce bureau. Qu’en pensez- vous ?
Ce qu’il en pense ? Sérieusement ? Son coeur se rempli de fierté en entendant ce que l’on attend de lui.
— Monsieur, ce sera un honneur pour moi. Quelles seront mes attributions ?
— Vous devrez mettre en place un plan triennal de réalité économique, et surtout vous devrez initialiser un programme de conversion à la BioChron. Vous n’êtes pas sans savoir qu’elle n’a pas encore été implantée en dehors de Mirabélis. Ce temps est révolu.
Jonas bombe le torse, ce qu’on lui propose là est la mission d’une vie.
— Je serai à la hauteur de vos attentes, vous pouvez en être certain. Bientôt le Ministère aura l’antenne la plus efficace et productive de tous les temps.
— Nous n’en attendions pas moins de vous, Jonas. Vous devrez être prêt à partir demain matin à la première heure. Vous pouvez rentrer vous préparer.
On lui donne une journée de congé, il n’en croit pas ses oreilles. Mais qui va terminer son rapport s’il s’en va. Pas question pour lui de laisser un projet inachevé ! Et il doit aussi consulter toute la documentation disponible sur son prochain lieu de résidence.
— Quel sera mon lieu de déploiement ?
— Pour cette première expérience, nous voulons un endroit significatif. Vous êtes envoyé dans une région reculée au nord de Mirabélis. La région de la Gabelle se trouve à deux heures d’ici. Vous serez logé et travaillerez dans le village de Boréalis. Deux cents habitants y vivent. Vous allez être dépaysé, je vous préviens.
L’homme se lève alors pour signifier la fin de l’entrevue. Il quitte la pièce et laisse Jonas seul dans son bureau. L’employé est pensif. Quelle magnifique opportunité ! Toutes ses années de dur labeur sont enfin récompensées. Cela fait des années qu’il trouve que le Ministère est trop tolérant avec les régions reculées. Leur productivité chute d’année en année et tire le reste de la Nation vers le bas. Ce n’est pas acceptable. Heureusement, on lui donne l’occasion de palier à cette intolérable laisser-aller.
Une fois son travail et ses recherches terminées, Jonas est sur le chemin du retour. Il doit préparer ses valises et nettoyer son appartement. Il ne veut pas que le Ministère de la Planification Urbaine puisse penser qu’il néglige les biens de la Nation. Sur son chemin, le petit restaurant dans lequel il se rend régulièrement. Puisqu’il doit quitter la ville, autant se faire plaisir une dernière fois. Une bonne odeur l’assaille quand il passe la porte d’entrée. C’est le meilleur établissement de la ville à ses yeux. Une cuisine simple et revigorante qui lui permet de faire le plein d’énergie. Sa BioChron le lui confirme à chacun de ses passages.
La serveuse le reconnait et lui offre le sourire dédié aux habitués. C’est une jolie brunette aux yeux verts. Jonas a pensé la courtiser pendant un temps, mais son travail prend trop de place dans sa vie pour qu’il s’embarrasse d’une famille. Ce qui ne l’empêche pas néanmoins, de l’imaginer à la place des prostituées qu’il rencontre régulièrement.
—Bonsoir Monsieur Jonas, qu’est-ce que je peux vous servir ce soir ? Comme d’habitude ?
— Bonsoir Mademoiselle Jeanne, non je vais prendre la surprise du chef. Je fête quelque chose d’important. Avec le verre de vin qui va avec s’il vous plaît.
— Bien sûr, c’est noté. Je reviens dans quelques minutes. Il la regarde s’éloigner. Il doit avouer qu’elle a de belles fesses quand même. Elles roulent doucement dans son pantalon noir et le bruit de ses pas l’hypnotise.
Jonas observe ensuite le restaurant, il n’y a pas encore beaucoup de monde à cette heure là. Mais il a l’habitude, son rythme physiologique n’est pas la norme, il se retrouve donc souvent seul ou presque dans toutes ses activités. Des couleurs crèmes et pastels rendant l’atmosphère apaisante. Une musique d’ambiance discrète renforce cette impression. Tout est lumineux et calme, tout ce qu’il faut pour vous donner envie de manger. Il est fort probable que le propriétaire de l’établissement a fait appel à des consultants du Ministère pour décorer son restaurant. Jonas connaît bien cette branche du MRE pour y avoir travailler quelques mois, Il s’agit de mettre en place une décoration propice à la consommation du client et donc à augmenter ses dépenses. Il a beaucoup aimé travailler dans cette division. Cela lui a permis de faire augmenter la rentabilité économique de plusieurs magasins et donc de Mirabélis. Il se dit d’ailleurs que les cours de psychologie du consommateur qu’on lui a imposés alors lui seront d’une aide précieuse pour sa mission à Boréalis.
Jeanne revient enfin avec sa commande. Il s’agit d’un boeuf bourguignon fumant qui dégage une odeur à se damner. Jonas en a l’eau à la bouche. Son coup d’oeil vers les seins de la serveuse n’y est pas non plus étranger.
— Voilà, boeuf bourguignon du chef et son écrasé de pomme de terre maison. Et comme vin, une petite merveille de la région de la Gabelle.
— Quelle coïncidence, je dois justement partir m’y installer !
— Oh ! Vraiment ? On ne vous reverra plus pendant un moment alors.
— Effectivement. Une mission prioritaire du Ministère m’y attend. Il ne peut retenir un ton supérieur en disant ces mots. Il est quelqu’un d’important et veut qu’on le sache. Surtout Mademoiselle Jeanne. » Il faudrait que j’utilise ma carte du BDSM au plus vite », se dit-il » Je ne veux pas m’encombrer de telles pensées alors que je dois partir en mission. »
— Comme vous devez être fier ! Je suis heureuse pour vous et vous souhaite un bon appétit.
La jeune femme part s’occuper des autres clients sans savoir quel conflit interne envahit Jonas. Il reste seul à sa table pour déguster son plat. Le vin est particulièrement bon, signe que tout n’est donc pas si mauvais à la Gabelle. » C’est un domaine d’activité que nous pourrions développer. C’est la première fois que j’entends qu’il y a du vin dans cette région. C’est dommage et il faudrait en profiter pour avoir une source de revenu important. »
Il passe donc le reste du repas à réfléchir comment faire du vin de la Gabelle un produit de luxe pour la haute bourgeoisie de Mirabélis.
— Au revoir Monsieur Jonas, bonne réussite dans votre mission.
— Merci Mademoiselle Jeanne.
Le lendemain, Jonas est prêt à partir. Son appartement est immaculé, personne ne pourrait croire que quelqu’un y habite. Un taxi l’attend en bas de chez lui pour l’emmener à la gare. Il ne conduit pas, par choix. Il préfère prendre les transports en commun pour optimiser son temps; quand il est dans le métro, il peut travailler sur ses dossiers; chose impossible au volant. La gare centrale de Mirabélis est le coeur du réseau de transport en commun de la Nation. Tout part et vient d’ici: métro, bus, train et tramway. Pour se rendre à Boréalis, le jeune homme devra prendre un train puis un bus. Il n’y a pas de gare dans le village. Le voyage va durer deux heures, comme le lui avait dit son supérieur. Pendant ce temps, il prendra le temps de lire les rapports du MRE sur la situation économique de la région. Il veut arriver prêt à diriger son équipe. Il ne remarque donc pas le changement de paysage. D’un environnement urbain fait d’acier et de briques, on passe à des terres agricoles soigneusement rangées pour finalement arriver dans une forêt dense. Quelques vignes sont présentes ici ou là, mais sans plan précis. Tout ici respire l’improvisation et le naturel. Tout le contraire de l’environnement maitrisé de la capitale.
La gare se trouve dans une petite ville forestière. Jonas lève enfin la tête de ses rapports. La nature omni-présente l’oppresse immédiatement, il n’a jamais vécu qu’à Mirabélis. Tout est si différent, il ne se sent pas à sa place. Il s’accroche à ses rapports et sort du train.
— Bienvenue à la Gabelle, monsieur. Le voyage s’est-il bien passé ?
— Bien, merci. Je dois me rendre à Boréalis, où se trouve le bus numéro 33 ?
— Boréalis ? Cela fait longtemps que personne n’est allé là-bas. Le bus 33 se trouve sur votre gauche, c’est plus une navette qu’un bus pour être honnête. Je vous souhaite un bon séjour parmi nous.
Jonas remarque immédiatement que le chef de gare ne porte pas de BioChron. « Comment peut-il savoir quand travailler ? », se demande-t-il, perplexe.
— Je vous remercie. Puis-je vous poser une question avant de partir ?
— Mais bien sûr.
— Quels sont vos horaires de travail ?
— Mes horaires de travail ? Je suis là quand il y a un train qui arrive, sinon je me promène dans la forêt pour ramasser des champignons. J’en ai ramassé beaucoup trop ce matin, en voulez-vous quelques un ?
— Combien me les vendez-vous ?
— Vous les vendre ? Non, je vous les offre. La forêt en est pleine, je ne vois pas pourquoi je vous les ferais payer.
Jonas n’a pas le temps d’approfondir la discussion, un mini-bus portant le numéro 33 arrive sur la place de la gare. Mais il ne peut pas croire que le chef de gare lui ai offert des champignons. Pas vendu, non, mais offert. Il va avoir du travail, ces champignons sont vendus une petite fortune à Mirabélis. Il n’a aucune idée de l’argent qu’il pourrait gagner. La navette klaxonne pour indiquer qu’elle est sur le départ. Jonas remercie le chef de gare et monte à bord du véhicule.
— Bienvenue à bord de la navette 33 en direction de Boréalis. Votre ticket s’il vous plaît.
Le jeune homme le tend au conducteur et va s’installer. Le moteur démarre. Cette fois-ci l’employé du Ministère prend la peine d’observer son environnement. La forêt est toujours présente, avec de temps en temps des vignes et quelques champs. Tout semble artisanal. Jonas prend note de tout ce qui pourrait être amélioré. Sa liste est déjà longue. Comment peuvent-ils vivre dans un tel désordre ?
— Boréalis est en vue, nous arriverons dans cinq minutes.
Jonas ne s’attendait pas à un tel village: de petites maisons de bois et de chaux autours d’une petite église. Une église ? Cela fait longtemps qu’elles ont disparus de Mirabélis. La religion est une perte de temps et d’argent. Encore une chose qu’il faudra revoir, se dit-il. L’église fera un excellent entrepôt ou une cave parfaite pour le vieillissement du vin. Le mini-bus s’immobilise alors, une jeune femme est présente pour attendre Jonas. Il ne pensait pas qu’on viendrait le chercher.
— Monsieur Jonas ? Je suis heureuse de faire votre connaissance, mon nom est Mirabelle. Je suis chargée de vous aider dans votre installation. C’est le maire qui m’envoie.
— Enchanté Mademoiselle Mirabelle. C’est très aimable à vous de m’accueillir.
Mirabelle est une jeune femme d’une trentaine d’années. Elle porte des vêtements simples, mais solides qui semblent fait de lin. Quel contraste avec les vêtements en fibres synthétiques de Jonas ! Sa robe épouse ses courbes sans entraver ses mouvements là où les Mirabéliennes portent des vêtements unisexes pour ne pas provoquer de réactions libidineuses de leurs collègues masculins. On ne rigole pas avec la libido à Mirabélis. Si bien qu’il faut quelques secondes au nouveau venu pour reprendre ses esprits. » Cette femme est magnifique » ne peut-il s’empêcher de penser.
— C’est un plaisir, nous ne recevons pas beaucoup de visiteurs ici. J’espère que vous aimerez notre village. Nous en sommes très fiers.
— Dites-moi Mademoiselle, comment faites-vous pour réguler votre production ? je ne vois aucun robot contre-maitre ?
— Voilà une drôle de question. Qu’est-ce qu’un robot contre-maitre ? C’est la nature qui régule la production pour nous. Elle sait de quoi nous avons besoin pour vivre.
On part de loin ! Jonas ne pensait pas que les Boréaliens puissent être aussi arriérés ! « Je commence à comprendre l’urgence de la situation. Le Ministère doit reprendre le contrôle de la région. »
— Je vous montrerai comment faire, c’est pour ça que je suis ici. Ne vous inquiétez pas, vous serez bientôt aussi productifs que les villages de la périphérie de Mirabélis.
Une sourire énigmatique passe sur les lèvres de son interlocutrice. Elle ne répond pas et continue son chemin tranquillement. La BioChron de Jonas se met alors à sonner: il doit travailler, c’est le temps !
— Oh, vous portez l’un de ses montres. Vous n’en aurez pas besoin ici. Nous avons une autre manière d’appréhender le temps qui passe.
— Mais je dois me mettre au travail ! Emmenez-moi à mon bureau, je dois faire mon rapport d’arrivée.
Mirabelle le regarde avec une expression mêlée de compréhension et de douce ironie.
— Comme vous voudrez. Nous sommes arrivés. C’est ici. Elle désigne une modeste maisonnette en briques, la seule du village qui ressemble plus à une habitation qu’à un bureau. « Vous allez voir, notre façon de travailler est un peu différente ici, » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Je vous laisse, mais le maire a organisé une soirée en votre honneur. Je viendrai vous chercher quand ce sera le temps.
Jonas se retrouve seul. Il entre dans la maison et est surpris de voir que tout a déjà été préparé pour sa venue. Un espace de travail fonctionnel l’attend avec un ordinateur et une imprimante. Il sort son téléphone de sa poche et remarque avec joie qu’il a du réseau. Il va pouvoir envoyer son rapport directement sans passer par la poste; ce qui aurait entraîner des retards de traitement considérables. Sans plus attendre, il s’installe à la table et commence à écrire ses premières impressions sur son arrivée. Il le fait sous une forme très formel et bureaucratique. Il est un employé du MRE, pas un écrivain en voyage de découverte. Il ne prend même pas le temps de regarder le reste de l’habitation. Il ne compte pas en profiter outre-mesure de toute manière. Il est ici pour travailler et faire de cette région un modèle de Réalité Économique appliquée aux régions.
Cela fait peut-être deux heures qu’il travaille quand on frappe à sa porte. Il se lève pour ouvrir et se retrouve face à Mirabelle, toujours souriante et détendue.
— J’espère que je ne vous dérange pas. Mais c’est l’heure de rencontrer le maire, il veut lui aussi vous souhaiter la bienvenue.
— Mais je n’ai pas fini ….
— Cela peut attendre. Le ton est sans réplique tandis que son sourire est toujours aussi irrésistible.
Le duo se rend vers le centre du village, vers la maison la plus imposante du voisinage. Une fois à l’intérieur, Jonas peut une fois encore remarquer les différences avec sa ville. Ici, tout est coloré et chaleureux, des tableaux sur les murs invitent à la rêverie et de nombreux canapés donnent envie de flâner.
— Voici pour vous, un verre de jus de raison de nos vignes. Mirabelle lui tend un verre aux couleurs dorées. J’ai vu que vous regardiez nos vignes avec attention tout à l’heure.
— Cher Jonas, c’est un honneur de vous recevoir au village ! Un homme jovial vient vers lui, les bras ouverts et le sourire franc. Je suis Antoine, maire de Boréalis. Jonas se retrouve dans une accolade généreuse et virile, tout le contraire des formules de salutations dont il a l’habitude.
— Enchanté, monsieur, bredouille-t-il. Mirabelle vous a déjà servi à ce que je vois. C’est parfait. Portons un toast ! A votre arrivée !
Antoine lève son verre et l’avale d’une traite. Jonas préfère goûter sa boisson du bout des lèvres. C’est délicieusement frais et fruité ! Il n’a jamais goûter un jus aussi bon. Quelle autre belle opportunité économique !
Le reste de la soirée se passe à boire du jus de raisins. Jonas se sent de plus en plus détendu. Le sourire de Mirabelle ne la quitte pas tandis qu’elle le ressert plusieurs fois.
— Je vois que notre jus de raisin vous plaît, Jonas. En voulez-vous encore ? Nous en avons des tonneaux pleins. C’est un peu notre boisson nationale.
— C’est absolument délicieux, mademoiselle Mirabelle. Nous verrons dès demain comment en faire un avantage économique pour votre village. Nous devons en tirer parti.
— Nous verrons ça, oui répond la jeune femme avec un sourire mystérieux. Mais vous me semblez fatigué, je vais vous raccompagner.
Le duo retourne vers la maison du nouveau venu. Contrairement à plus tôt dans la soirée, il respire l’air avec délice et semble plus détendu.
— Il dort, Antoine. Tout se passe comme prévu. Le jus de raison commence à faire effet, je pensais qu’il en faudrait plus que ça.
— Il doit prendre des doses minimes de l’hypnotiques mirabélien. Son caractère le porte déjà à obéir aux principes du MRE. Pas étonnant qu’on nous l’ai envoyé.
— Tu n’as pas peur ?
— Pas du tout, cela prouve que ces idiots ne savent pas que nous avons trouvé un antidote à leur hypnotique. S’ils pensent pouvoir nous convertir aussi facilement, ils se trompent. Pauvre Jonas, il ne sait pas où on l’a envoyé. Et vu comme il te regarde, il ne sera pas difficile pour toi de lui montrer la vérité.
— J’ai remarqué aussi. J’ai de la pitié pour lui, le choc sera rude quand il comprendra que toute sa vie est un mensonge. Mais nous n’avons pas le choix, la Rébellion doit continuer.


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