Lorsque l’on commence à se renseigner sur l’écriture, on tombe immanquablement sur des questions du type « Quel genre d’auteur êtes-vous ? » Derrière cette question se trouve deux archétypes: architect et jardinier. Avant de vous dire lequel des deux me correspond le plus, je vais vous expliquer de quoi on parle exactement.
L’auteur architecte planifie tout de A à Z. Rien n’est laissé au hasard dans son écriture. Il a un plan de ses chapitres, de ses scènes et est capable de vous dire de quelle couleur sont les chaussettes de chacun de ses personnages. Il ne commence rien sans avoir minutieusement pesé le pour et le contre de chaque idée. C’est le meilleur ami des cahiers d’écriture et des méthodes de travail comme le flocon. Quand il commence à écrire, il sait complètement où il s’en va et comment.
L’auteur jardinier au contraire, se laisse aller avec son histoire. Il commence avec une idée et se lance dans l’écriture directement. Ce sont ses personnages et les situations qui lui dictent la direction à prendre. Il ne planifie donc rien ou presque. Il ne sait pas comment finira l’histoire, ni quand. Il se laisse tout simplement porter. Il prend des notes au fur et à mesure pour ne pas non plus commencer avec un personnage aux yeux bleus qui terminera avec les yeux verts. C’est donc une écriture beaucoup plus intuitive.
Alors bien sûr, il y a toute une nuance de genre entre les deux. Des auteurs qui prévoient les jalons de leurs histoires, mais se laissent aller dans le comment y arriver. Ceux-là sont probablement les plus nombreux.
Et moi dans tout ça me direz-vous ? je suis définitivement une jardinière. J’ai horreur de faire des plans. Je me laisse porter par mon histoire du début à la fin. Ce qui est assez paradoxal, car je suis une grande planificatrice dans ma vie de tous les jours. Je laisse très peu de place au hasard et évite l’inconnu le plus possible. Mais dès qu’il s’agit d’écriture, c’est tout le contraire qui se produit. De la même manière, j’adore tout ce qui est guide des personnages, world building et autre cahiers d’auteur. Mais je ne m’en sers pas. J’en ai encore acheté il y a peu pour tenir à jour mes chroniques de Mirabélis. Je sais que je m’en servirai très peu. Bizarre, je sais. C’est un peu une manière de me rassurer, je pense. J’ai déjà essayé de planifier totalement une histoire. Cela a été une catastrophe, j’ai été incapable de suivre mon plan et pire encore, je suis partie totalement à l’opposé de ce que j’avais décidé !
Mais en réalité, être jardinier ou architecte n’est pas le problème. Il faut simplement se connaître suffisamment pour pouvoir s’amuser en écrivant. Un architecte ne pourra pas se laisser aller à l’improvisation et le jardinier se sentira prisonnier d’un plan. Pour le savoir, il faut tenter. Je pense aussi que c’est parce que je suis une jardinière que j’aime autant le format de la nouvelle. Cela laisse plus de place à l’improvisation et la spontanéité vu que les détails sont moins nombreux et sur une plus courte durée. J’ai néanmoins beaucoup d’admiration pour les architectes et ce qu’ils arrivent à créer consciemment. C’est fascinant de les voir travailler.
Êtes-vous surpris que je sois une jardinière ? Pensez-vous que cela se voit dans l’écriture ? Donnez-moi votre avis et si vous êtes auteur vous-même dans quelle catégorie vous rangez-vous.


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